
Anne de Trazegnies épouse Arnould de Hamal (°?-†1456) le 31 juillet 1414 au palais de Jean de Bavière, prince-évêque de Liège. La maison de Hamal aussi considérable qu’ancienne est une des plus illustres de Belgique.
Anne et Arnould ont beaucoup d’enfants mais nous nous focaliserons sur Wauthier de Hamal (°?-†1508). Il épouse en 1459 Élisabeth de Ranst-Berchem, dame d’Oostmalle.
En 1457, il accordera aux Moncellois une charte-loi qui modifiera considérablement le statut de la seigneurie. Ce document concède quelques privilèges aux habitants de la localité comme le droit de prélever du bois dans les forêts domaniales, le droit de pêcher, le droit pour le peuple d’avoir un bailli, un mayeur, un tribunal, un collège d’administration communale et un sceau, symbole de l’indépendance de la localité.
Jean de Hamal(°?-†1533), fils de Wauthier et dÉlisabeth épouse le 5 mars 1502 Hélène Hinkart, dame de Marchienne-au-Pont. Après avoir terminé son éducation, Jean fut attaché en qualité de gentilhomme à la chambre de l’empereur Charles Quint. Il devient gouverneur, capitaine général d’une partie du Brabant et est nommé gouverneur de Bois-le-Duc en 1512.
Lors de son voyage en Espagne, Charles Quint décide d’épouser l’infante Isabelle, fille d’Emmanuel Ier roi du Portugal. Jean fut choisi par messire Guillaume de Croÿ, duc de Soria, pour épouser par procuration Isabelle au nom de l’empereur. On lui promettait la Toison d’Or à son retour mais il refusa pour des raisons personnelles et c’est son neveu Jean III de Trazegnies qui exécuta cette mission. Pourtant Jean de Hamal avait le privilège de passer la nuit, en armure cela s’entend, avec l’élue, en l’occurrence celle qui fut probablement la plus belle souveraine de son siècle !
Philippe de Hamal (°1510-†1557), fils de Jean et d’Hélène, devient le propriétaire de notre château, il épouse à Utrechtle 5 octobre 1550, une très riche héritière, Marguerite de Culembourg (°1525-†1608). Philippe fait une carrière des plus brillantes même s’il ne reçut pas la Toison d’Or. Ses fonctions auprès de Charles Quint sont très importantes. Il meurt d’une fièvre chaude à Bruxelles le 5 octobre 1557 et git à côté de sa mère, Hélène, à Marchienne-au-Pont. Le linteau en pierre qui surmontait la porte extérieure de la tribune de l’église portait les armoiries des Hamal et des Culembourg. Ce linteau n’est plus visible de nos jours, l’ancienne église de Marchienne ayant été démolie et reconstruite.
Ensuite, le château passera à son fils Guillaume de Hamal (°1551-†1582) qui épousera la terrible Cornélia de Lalaing. Par ce mariage il entre dans le saint des saints de la haute noblesse. La famille de Lalaing est une des plus importantes de la noblesse hollandaise ; elle possède de nombreux biens dans le Hainaut et dans le Brabant, avec entre autres des tribunaux à Malines et à Bruxelles.
En 1644, leur petite-fille Anne-Florence de Hamal (°1623-†après 1696), épouse à l’âge de 21 ans, son cousin Évrard-François-Gillion de Hamal, baron de Vierves. Elle est baronne de Monceau, comtesse de Gomignies et du Saint-Empire. Cette alliance avait été conclue par l’excellent marquis de Trazegnies, Gillion Othon appelé tuteur des jeunes mariés, à travers un traité de mariage signé en grandes pompes au château de Monceau. On mettait dans un seul panier les biens qui restaient de l’apanage de Wauthier de Hamal. Les Trazegnies ont toujours gardé un œil sur le château de Monceau. En réalité, les mariés étaient, l’un et l’autre, accablés de dettes. Le jeune ménage n’eut pas le temps de briller dans l’histoire, sinon au cours d’une vie brève et agréable dans ce beau château de Vierves où il recevait la jeunesse dorée de l’époque.
Évrard-François meurt prématurément, ne laissant qu’une petite fille, Marie-Josèphe de Hamal, baronne de Vierves, qui quitta ce monde en 1650. Un an plus tard, en 1651, Anne-Florence épouse en secondes noces Pierre-Eugène-Ernestde Gavre. Cette union sera loin d’être un mariage d’amour car nous retrouvons à la manœuvre le marquis de Trazegnies, Gillion Othon, fils d’Adrienne de Gavre, et qui proposa un de ses neveux, car il ne voulait absolument pas perdre Monceau, ni les autres terres. Nous ne connaissons pas la date du décès d’Anne-Florence mais elle vivait encore en 1696.

Monument funéraire de Jean de Hamal et de ses deux épouses. Église de Marchienne-au-Pont.